Conférence annuelle 2026 de la CSDH/SCHN @ U de Montréal
3 juin 2026 • 8h30 5 juin 2026 • 17h
Université de Montréal, 3200 rue Jean Brillant
Notre centre est heureux d’être l’organisateur local du conférence annuelle 2026 de la CSDH/SCHN via notre membre Dominic Forest du mercredi 3 au vendredi 5 juin prochain avec le thème « Intraduisible » :
Cette année, le congrès s’intéresse tout particulièrement à la notion d’« intraduisible ». Les humanités numériques explorent et mobilisent des objets culturels qui donnent lieu à des processus de numérisation, de modélisation ou d’éditorialisation. Ces représentations numériques résultent de traductions ou de remédiations susceptibles d’introduire des biais, des réductions et des simplifications. En s’appuyant sur la notion d’« intraduisible » développée par la philosophe française Barbara Cassin, le congrès examinera ce qui résiste à la traduction, ou ce qui ne peut être traduit, en raison de sa matérialité et/ou de sa spécificité culturelle.
Chaque acte de traduction ouvre un espace problématique de production du sens, de négociation contextuelle et d’associations conceptuelles. Dans le champ des humanités numériques, l’« intraduisible » met en évidence que le calcul et la computation n’impliquent pas seulement l’impossibilité d’une équivalence terme à terme, mais engagent aussi des relations stratifiées, modélisées et souvent probabilistes. En particulier, alors que les grands modèles de langage, commercialisés en tant qu’« intelligence artificielle », semblent prétendre englober l’ensemble des savoirs humains — voire en générer de nouveaux —, il devient nécessaire d’interroger leur pertinence et leurs limites pour l’enquête en sciences humaines.
Le thème du congrès prend également en compte le contexte canadien, dans lequel le bilinguisme français–anglais structure la communication savante, la culture et la politique, tout en tenant compte de l’urgence des enjeux autochtones. Lorsque les projets en humanités numériques s’engagent avec des pratiques de savoir et des systèmes de représentation, ils impliquent une réflexivité et des responsabilités à l’égard de valeurs distinctes, de l’autodétermination et de la gouvernance des savoirs.
Dans les humanités numériques, l’intraduisible relève-t-il de qualités inhérentes aux objets étudiés ou des technologies elles-mêmes ? Existe-t-il des avantages ou des inconvénients à être traduisible ou intraduisible ? Finalement, quels ont été les enjeux de la traduction dans les humanités numériques contemporaines ?
Le programme complet préparé par le comité de programme (avec la co-présidence de notre membre Emmanuel Château-Dutier) est ligne et les informations pour s’inscrire sur le site de la société.
Ce contenu a été mis à jour le 28 mai 2026 à 16 h 20 min.